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PDVSA, le citron pressé du gouvernement vénézuelien.

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Afin de financer les différents plans sociaux du gouvernement vénézuelien, l'entreprise publique PDVSA, qui gère toutes les activités pétrolières du pays, est mise à très forte contribution. Cela rend sa situation de plus en plus serrée.

Actuellement, le pétrole coule à flot au Vénézuela et le prix actuel de 99$ permet à PDVSA de s'assurer des revenus pétroliers plutôt conséquents. Cela étant l'entreprise créée lors de la nationalisation du secteur pétrolier et profitant de la politique du gouvernement ainsi de sa diplomatie, est pour Chavez, naturellement redevable à l’État. Ainsi, en retour, c'est désormais sans limite que l’État puise dans ce gisement de pétrobolivars.

En début d'année, Chavez a reçu une pétition d'une partie de ses ministres afin qu'il leur alloue plus de moyens à leurs actions. En effet, le gouvernement socialiste a mis en place de nombreux plans sociaux dans tous les secteurs. Les dépenses pour accomplir ces plans sont très élevées d'autant que ceux-ci ne rapporte pas à court terme. Afin de les financer, Chavez pompe l'argent de la pièce maîtresse de son système, PDVSA. Il en est ainsi pour la Gran Misión Vivienda (Grande Mission du Logement) qui a très largement accru les exigences du gouvernement sur la pétrolière. Concrètement, le plan est estimé à 57 milliards de bolivars, et sur cette somme PDVSA a déjà déboursé 16 milliards soit près de 3 milliards d'euros.

Gran Misión Vivienda n'est pas le seul plan dont PDVSA est contraint de s'occuper. Ainsi, l'an passé, le budget "mission sociale" de l'entreprise a explosé. Il a presque quadruplé. De plus en avril, la contribution sur les prix extraordinaires du brut a été instauré. Cette contribution oblige PDVSA à verser la différence entre le prix du brut et le prix jugé décent par l’État de 70$/Baril. Cette manne est destinée au FONDEN ( le fond de développement national ) qui finance les actions de l'exécutif. En outre, Chavez a annoncé que les pensions de retraites des ex-fonctionnaires seront payées par l'entreprise publique, ce qui représente un passif de 57 milliards de Bolivars.

Si l’État pèse aussi lourdement sur les finances de l'entreprise, c'est qu'il l'a placée au centre de presque tous ses projets. Un nouvel exemple est le secteur aurifère. Nationalisé fin août, il a été confié à l'entreprise pétrolière avec pour mission de former un pôle minier composé d'entreprises mixtes qu'elle devra elle-même créer à partir de son propre capital.

Tandis que Chavez demande des fonds, l'entreprise s'endette.

Sa dette se dégrade de manière continue et se chiffre désormais à 30 milliards de bolivars si bien qu'elle doit engager une partie de sa production dans le remboursement de ses prêts. Effectivement, afin de s'acquitter de sa dette contractée auprès de la Chine, PDVSA a dû payer directement en barils de pétrole. En conséquence, PDVSA a récemment sollicité l'aide de différentes entités officielles comme la Banque Centrale qui l'a assisté à hauteur de 58 milliards de Bolivars ou la Banque du Trésor qui lui a avancé plus de 4 milliards de Bolivars.

Il paraît évident que l'entreprise pétrolière ne peut pas continuer ainsi. On demande trop à PDVSA et ce d'autant plus qu'elle est soumise aux aléas du prix du pétrole. Sa situation se détériore et elle se retrouve incapable d'investir dans les projets essentiels que le marché lui impose, notamment ceux de la faille de l'Orénoque qui méritent plus de ressources. Cette entreprise, fleuron de l'industrie vénézuelienne, et fer de lance de sa politique, ne s'accorde plus avec le rêve chaviste. Ce dernier s'avère trop ambitieux et économiquement déraisonnable. L'opposition politique a compris le déséquilibre. Ainsi, pour le prochain mandat politique de 2013, les pré-candidats de la MUD ( droite ) ont dessiné les grands traits des réformes à effectuer dans le secteur énergétique. Pour eux, PDVSA dont les fonctions vont du goudronnage des routes à la distribution alimentaire et qui assume la moitié des charges publiques, doit être restructurée en retirant une partie de ces fonctions et en revenant sur les expropriations. Quel que soit le prochain mandataire, nous devrions assister prochainement à de profonds changements, soit concernant la politique de Chavez, soit concernant les prérogatives de PDVSA.

http://www.eluniversal.com/economia/111114/gobierno-presiona-a-pdvsa-par...

( article secondaire : http://www.americaeconomia.com/negocios-industrias/oposicion-venezolana-... )

Bien intéressant

J'ai pris la liberté de corriger quelques coquilles dans votre texte.
Pourriez-vous nous donner une équivalence indicative, en euros ou en dollars, des montants en bolivars que vous indiquez? Merci!

taux de change

1 euro = 5 bolivars, j'ai effectué une modification dans mon texte afin de présenter le ratio.