Skip to Content

Les « donateurs fantômes » reviennent hanter Humala

5
Moyenne : 5 (1 vote)

Une conspiration contre celui qui veut éradiquer la corruption au Pérou, ou une nouvelle déception pour la démocratie latino-américaine ?

Cette nouvelle affaire risque dans tous les cas de faire descendre un peu plus le président Humala du piédestal sur lequel l'avait placé son élection.

On peut rappeler que l'affaire Chehade (cf latinioo http://www.latinioo.com/drupal/latinioo-p%C3%A9rou/premier-cas-de-corrup...) continue, avec les déclarations du vice-président qui affirme que non, Ollanta Humala ne lui a pas demandé de démissionner (comme ce dernier l'avait affirmé aux médias) et qu'il considère qu'il n'a pas à le faire, en vertu de la présomption d'innocence.

Pourtant, depuis lundi, c'est une autre affaire, toute aussi préjudiciable au gouvernement, qui fait la une de la presse politique péruvienne. D'après une enquête de la chaine de télévision « Frecuencia latina », une partie des hommes et des femmes inscrits sur le registre de l'ONPE (organización política a la Oficina Nacional de Procesos Electorales) en tant que donateurs pour la campagne du parti Gana Peru, n'auraient en fait jamais versé d'argent pour cette campagne.
C'est ainsi que Wilson Cervera Rojas, modeste employé de sécurité, a appris par les journalistes enquêteurs qu'il avait versé 138 500 nuevos soles à la campagne de Ollanta Humala. Environ 38 000 € qu'il n'a jamais eu en sa possession !
Et les exemples sont nombreux, d'hommes et de femmes déclarés comme d'importants donateurs de la campagne, qui en fait n'ont jamais possédé autant d'argent, comme Yuri Quintana Robles, au chômage depuis très longtemps, qui aurait donné 202 210 nuevos soles (55 000 €) au parti du vainqueur.
Autre exemple : César Ramirez a, quant à lui, bien versé de l'argent pour la campagne de Humala, mais la somme versée est bien loin des 55 400 nuevos soles inscrits au registre, qui représentent pour lui un an et demi de salaire. Il n'a cependant eu aucun reçu du parti, qui pourrait justifier la véritable somme versée.
D'après l'ancien membre du jury national des élections (JNE) Gastón Soto Valenas, les responsables du parti vont devoir s'expliquer devant la ONPE. Si la fraude est prouvée, l'amende imposée au parti devrait être d'au moins dix fois l'estimation de la somme fraudée.
Pour l'instant, la défense du gouvernement se fait par le déni. Ainsi, Pedros Santos Carpio, trésorier de Gana Peru pendant la dernière campagne présidentielle, a supposé que ces citoyens « ne se souviennent peut-être plus de ce qu'ils ont donné », ou (tout de même plus crédible) qu'ils ne pouvaient assumer devant les caméras d'avoir soutenu un parti politique. Dans tous les cas, rien d'illégal. Nous voilà rassurés.

Et au passage, le proverbe latino du jour, relevé dans l'article : "la mentira tiene patas cortas". A méditer... (Humala aurait peut-être dû le méditer plus tôt)

Source : La Republica.pe, 14.11.2011 http://www.larepublica.pe/14-11-2011/detectan-aportantes-fantasmas-en-la...

Conversion des devises

Votre article est extrêmement intéressant et très bien écrit, mais j'ai un peu de mal à m'y retrouver dans les montants. Vous parlez d'abord de "nuevos soles" puis de "soles" (qui logiquement sont "nuevos aussi").
D'après mon convertisseur préféré, 138.500 nouveaux sols équivalent à un peu moins de 38.000€ au cours du 17/11.
Par contre, à titre de comparaison, Humala a promis d'augmenter de 25% le salaire minimum pour le porter à 750 soles (il est actuellement à 675 soles).
Il y a effectivement un gros, gros problème de financement de la campagne. La question suivante étant: d'où vient l'argent? Et qui le savait?

Conversion

Dans mon esprit "nuevo soles" et "soles" voulaient dirent la même chose : le journaliste qui a écrit l'article utilisait les deux comme synonymes...
Et pour la conversion, après réflexion elle n'était pas du tout logique ! J'ai du m'emmêler les pinceaux, je vais rectifier ça ! Quant à savoir qui le savait, les membres du parti, y compris les membres du gouvernement, semblent se faire plutôt discrets sur la question pour l'instant...
Et puis d'où vient l'argent... D'après ce que j'ai lu, le soutien financier de Chavez à Humala avait été assez mal perçu par la population en 2006, il lui aurait même couté son élection. Peut-être que cela s'est fait de manière moins officielle cette fois-ci... Mais ce n'est qu'une vague supposition !

Affaire à suivre...