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Le conflit de Cajamarca au point mort : impasse et nouveaux rebondissements

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Le conflit sur le projet minier Conga prévu dans la région de Cajamarca ne trouve toujours pas de porte de sortie. Une sortie du conflit semble même impossible, entre les intérêts économiques énormes du projet (y compris pour la population), et les conséquences dramatiques qu'il pourrait avoir sur le plan écologique.
Les opposants au projet (représentés par le président de la région de Cajamarca, Gregorio Santos) sont sans appel : le projet prévoit de détourner quatre lagunes naturelles qui font partie intégrante du paysage, mais qui représentent surtout la principale source d'eau potable de la région.
Yanacocha, l'entreprise responsable du projet, promet de reconstruire des lagunes artificielles qui remplaceraient les anciennes, mais la population ne lui fait pas confiance.
Pourtant, il n'y a aucune alternative : les métaux précieux tant convoités se trouvent juste en dessous des lagunes. Le projet se fera ou ne se fera pas, mais aucun compromis ne semble possible.
D'un autre côté, Conga serait l'investissement le plus important de toute l'histoire du Pérou, avec 4,8 milliards de dollars investis. La mine d'or et de cuivre construite serait également l'une des plus grandes du monde, et pourrait rapporter trois milliards de dollars à l'État en impôts, dont 1 500 dollars pour la région de Cajamarca seule. Cette région est en fait construite sur un important gisement, dont Conga serait une continuation. Or ce gisement, source de travail et de richesses pour la région, s'épuise de plus en plus. Aussi le gouvernement de Humala présente-t-il le projet comme une grande opportunité pour la région en déclin. Une opportunité qui donnerait du travail à des milliers d'habitants, et cela pour des dizaines d'années.
Mais la population de Cajamarca ne veut plus croire en les promesse politiques, comme Margarité Lucila, 56 ans, qui déclare que « la mine n'a jamais rien apporté de bon, on ne voit aucune travail se créer ici ».
Enfin, au-delà des considérations économiques, le conflit actuel est aussi le symptôme du malaise politique actuel qui règne au Pérou, et déterminera probablement les orientations futures du gouvernement actuel.
D'après le ministère de l'économie péruvien, 40 milliards de dollars pourraient être investis dans les mines péruviennes par des entreprises étrangères dans les cinq prochaines années. Ce qui n'est pas rien pour l'économie en général, puisque l'industrie minière représente 60% des exportations du Pérou, et un tiers de ses revenus fiscaux. Un constat s'impose alors : le gouvernement ne peut pas se permettre d'effrayer les investisseurs étrangers, en interdisant un investissement de 4,8 milliards de dollars sur son sol. De plus, le projet ayant été autorisé par le gouvernement précédent, une telle attitude donnerait du Pérou l'image d'un pays instable, qui ne tient pas ses promesses.
La crédibilité économique du pays donc, confrontée à la crédibilité politique de Humala, qui s'insurgeait lors de sa campagne de 2011 contre les abus de l'industrie minière (et promettait au passage d'en défendre les populations). Pour sauver sa crédibilité, Humala a donc demandé une enquête international sur le projet Conga, qui a conclu que le projet était durable. Aucun problème donc...
Ah si! Seule petite ombre au tableau : des journalistes péruviens ont révélé que le ministre de l'écologie, Manuel Pulgar Vidal, chargé de superviser l'enquête, a refusé il y a quelques mois un poste de gérant offert par... nul autre que l'entreprise Yanacocha !

Sources :
http://www.lavoz.com.ar/noticias/mundo/conflicto-cajamarca-decide-futuro...

Sur le ministre de l'écologie :
http://www.losandes.com.pe/Nacional/20120123/60175.html