La pénalisation des relations sexuelles entre mineurs jugée anticonstitutionnelle ?
Au Pérou, la loi autorise les adolescents à travailler, à se marier (etc.)
Mais, depuis 2006, les relations sexuelles entre adolescents âgés de 14 à 18 ans sont pénalisées par la loi (loi n°28704). Plus largement, le gouvernement interdit à cette tranche d’âge l’accès aux services de santé sexuelle, de contraception, d’attention prénatale ou d’accouchement. Il empêche aussi à toute femme de moins de 18 ans la reconnaissance légale de son enfant.
Aujourd’hui, le Collège Médical remet en cause cette loi et dénonce les conséquences « dévastatrice » qu’elle entraine. Par manque de prévention d’abord et par manque d’accès aux services médicaux (si acte sexuel il y a eu), cette loi met en danger la population adolescente.
En effet, le caractère pénal de cette loi n’empêche les adolescents de s’initier aux relations sexuelles : 32.9% des péruviens ont leur première expérience sexuelle avant 18 ans. Sans l’accès au moyen de contraception, cette expérience n’est pas sans risque : maladies sexuellement transmissible, grossesse (etc.). Leurs nombres n’ont cessé d’augmenter ces dernières années.
Selon le ministère de la santé, le nombre de grossesses chez les adolescentes est en pleine croissance (alors que le taux de fécondité général du pays diminue) et représente la deuxième cause la plus importante au niveau de la désertion scolaire (17%). Pire, en raison du non-accès aux services médicaux la mortalité maternelle est plus importante chez les jeunes femmes de moins de 20 ans. Parallèlement, la moitié des nouveaux cas d’infections au VIH (Virus d’Immunodéficience Humain, ou SIDA) concerne les jeunes de 15 à 24 ans.
Ces constats mettent ainsi clairement en évidence les effets néfastes qu’engendre cette loi.
Ce sont ces mêmes constats qui ont poussé le doyen du Collège Médical, Ciro Maguiña, a présenté une demande d’inconstitutionnalité de cette loi devant le Tribunal Constitutionnel. Il explique que cette requête n’a pas pour but de promouvoir le libertinage sexuel, mais bien de protéger les jeunes.
Il ajoute que la prise en charge des jeunes à ce sujet est fondamentale et que ce droit, déjà acquis dans les pays les plus développés, devrait s’appliquer de la même façon au Pérou.
Les revendications concernent aussi la prévention car il a été démontré que l’éducation joue un rôle important en matière de sexualité. Le taux de grossesse est en effet moins élevé dans les classes « supérieures », dans lesquelles les enfants reçoivent une meilleure éducation (ou du moins un plus haut niveau).
Un des moyens les plus efficaces pour lutter contre les relations sexuelles entre mineurs serait donc en premier lieu de les informer à ce sujet (à l’école par exemple). Cela permettrait certainement de reculer l’âge de la première expérience et d’être confronté à moins de « problèmes » sous-jacent de cette relation. Si les jeunes sont prévenus des risques encourus, ils réfléchiront plus sur les conséquences que peut avoir cet acte, et prendront plus de précautions.
Source : El Peruano, édition en ligne du 22/11/11
http://www.elperuano.pe/Edicion/noticia.aspx?key=shcTdqCJzI0=
waw...
Impressionnant... Mais de quand date cette loi ?
De 2006!!
Si j'en crois la première phrase de l'article de Maëlle... ;)
L'éducation sexuelle à l'école, dans des pays à tradition catholique encore forte, est toujours un problème. Il y a une dizaine d'années, j'étais tombée sur un document incroyable: la présentation d'un organisme qui informait les jeunes filles chiilennes et encourageait l'abstinence pendant les jours fertiles du cycle menstruel. A un détail près: ils se basaient sur un cycle de... 31 jours (au lieu de 28, pour ceux qui l'ignoreraient). :O
!!
C'est juste hallucinant d’interdire l'accès aux moyens de contraception!