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L'Argentine au G20

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Cette semaine, les chefs d'Etat des pays industrialisés et ceux des pays émergents les plus importants se sont réunis à Cannes au sommet du G20. Parmi eux, Cristina Fernandez de Kirchner, qui entame son deuxième mandat à la tête de l'Etat argentin.
L'objectif du sommet était de trouver des solutions pour pallier la crise de l'économie grecque, laquelle pourrait entrainer dans sa chute la zone euro et même l'économie mondiale.

Selon le ministre argentin des Relations Extérieures, Héctor Timerman, et le secrétaire aux Finances, Hernan Lorenzino, le discours de Cristina est l'un de ceux qui nageaient le plus à contre-courant.

En effet, elle critique les moyens employés par les dirigeants européens pour calmer la crise : il ne faut pas rassurer les marchés, sinon la population. Et alors, pourra s'amorcer un cercle économique vertueux.. Si on donne des opportunités aux gens, des ressources, du travail, si on crée de nouvelles entreprises, alors on relance la consommation, et etc ! D'après elle, la solution se trouve donc dans la demande et non dans les recettes d'une politique de rigueur.
Les présidents mexicain et turc ont d'ailleurs conseillé d'agir dans le cas grecque à la lumière de l'expérience argentine de 2001. Car le pays a su effectivement se tirer d'affaires en grande pompe depuis lors.

Par ailleurs, la présidente a insisté sur la nécessité de restreindre le rôle des agences de notation. Elle rappelle qu'avant qu'éclate la crise de l'euro, l'Argentine était sans cesse condamnée par ces agences, tandis qu'elles jugeaient que la Grèce était toujours en capacité de paiement.

Enfin, son principal conseil adressé à ses pairs européens et américain concerne sa vision du modèle capitaliste. Elle estime que nous sommes dans une ère d' "anarcho-syndicalisme" financier où "personne ne contrôle personne" et qu'il faut retourner à un capitalisme "sérieux" où la spéculation d'une économie fictive laisse place aux investissements dans une économie réelle.

Elle a souligné aussi le risque que présentent les crises économiques sur la démocratie, en faisant allusion à l'expérience européenne des années 30.

Son discours a été applaudi, car jugé clair, direct et intelligent.

Source : Clarin, 4/11/2011, http://www.clarin.com/politica/Cannes-Presidenta-volver-capitalismo-seri...

Voir aussi : http://www.clarin.com/economia/Felicitaciones-Obama-Sarkozy-Cristina-fam... (la vidéo) et http://www.clarin.com/politica/espejo-crisis-argentina_0_584941543.html

article très intéressant

Je vous félicite pour votre choix hebdomadaire. Le discours de CFK à Cannes va en effet à revers du mainstream, mais rejoint la prise de position récente de Dilma Rousseff.
Quelques remarques de forme: plutôt que de calmer les marchés, Cristina propose de rassurer (et non calmer) les populations.
Et l'on écrit anarcho-capitalisme, mais c'est grâce à votre article que j'ai compris de quoi il était question (un peu obnubilée par l'Amérique Latine, sans doute, je lisais a(privatif)narcocapitalisme (la drogue du capitalisme)?
Comme quoi on a toujours intérêt à lire les travaux de ses étudiants! :D

Merci! J'ai corrigé les

Merci! J'ai corrigé les coquilles que vous m'avez signalées..
Le narco-capitalisme, ça existe en fait! http://www.google.fr/search?q=%22narco-capitalisme%22&ie=utf-8&oe=utf-8&...

Très intéressant, merci!

Merci pour cet article et ces sources, c'est très interessant!

En effet,je trouve qu'il est important de connaître l'avis de l'Argentine sur cette crise éconmique mondiale puisque c'est un pays qui a connu une grave crise entre 1998 et 2002 et qui a su retrouver un équilibre économique stable.
De plus cela permet de compléter le cours que nous avons suivi cette semaine avec la professeur intervenante.